Arts gourmands
Tant de Bonnes choses à déguster. Les bonnes adresses de Montréal (Lieux inédits, bars, boutiques & restaurants)

vasco_da_gama.jpgAujourd’hui nous tenterons de répondre à l’une de ces questions cruciales qui nouent d’angoisse nos existences montréalaises: où manger le midi quand on a faim et peu de temps ? Le lecteur patient aura toujours à l’esprit je l’espère que ces colonnes ont pour fondements éditoriaux la partialité la plus assumée. Commençons.

Moi d’abord, si j’étais vous, j’aurais envie d’un steak frite ou d’un hamburger (ne soyez pas susceptible, par pitié, c’est pénible), que vous trouveriez délicieux, l’un et l’autre au Café Souvenir, sur Bernard. Si vous êtes un vieux cochon, vous vous finirez à la crêpe choco-chantilly, c’est votre droit le plus strict, et ça arrive même au meilleur. Soit dit en passant, si vous êtes d’humeur plus raffinée, Le Petit Italien est l’exact voisin du Café Souvenir et sert une cuisine italienne légère et plus élaborée. Il faut réserver sinon ils vous jettent comme des vieux chats d’égout. Le Devoir et le Voir ont consacré un article entier aux sandwichs du Vasco da Gama, situé aussi à côté, du coup je me sens dans l’obligation de le mentionner.
Passons à mon chouchou actuel, très santé, qui a détrôné partiellement et sans doute ponctuellement le Santropol dans le même registre (granola, santé, jus de betterave), à savoir le SoupeSoup. Avant hier, pour moins de 12 dollars, je me suis régalée d’une soupe (attention concentrez-vous ça va aller très vite) carotte, coriandre, coco, et deux autres trucs en C. Avec, il y a avait un sandwich au rôti de bœuf à la moutarde à l’ancienne. Et à la fin, du pudding, très « Voyage au centre de la terre ». Régressif et délicieux. Pour les amateurs de pirogis polonais, fondants, crémeux et réconfortants, je recommande, à côté de l’Écume des Jours (librairie) et en face de Open da Nite (café-billard) l’antre rempli de cornichons et de saucissons secs (un petit tour aux toilettes constellés de réclames pour des boites de conserve indigènes, est d’un exotisme affolant, ajoutons qu’il n’y a pas de loquet…). Pour ceux qui aiment les empanadas (et j’en connais), la Chilenita est tout indiquée. C’est chilien, frais de la minute, exquis. Dans le même genre, un peu décalé, mentionnons le fast-food inca Serrano, spécialisé dans les sandwichs au poulet et à la saucisse (avec patates sautées luisantes, moins de 3 dollars chaque). Pour les sushis (makis, sashimis toute le kit), je recommande le Mikado qui a un menu du midi parfaitement alléchant. Si vous avez des enfants, choisissez le tempura crevettes, ça va les impressionner.
Fin de la première partie…

Ps : les scènes rouvrent leurs plateaux magiques, attendez-vous à des articles plus sérieux !

Part 1 :
Le Café Souvenir : 1261, avenue Bernard (514) 948-5259
Le Petit Italien 1265 avenue Bernard (514) 278 0888
Vasco da Gama 1257, rue Bernard Ouest (514) 272-2688
Santropol 3990 saint Urbain
SoupeSoup 80 rue Duluth est, (514) 3800880
Pirogis et Serrano sur saint Viateur coin Waverly
Chilenita : 152 rue Napoléon (514) 286 6075
Mikado, 1731 Saint-Denis, (514) 844 5705

Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 09.01.06 à 17:04 - 7 commentaires

Aujourd’hui, je choisis de parler du Pushap en faisant fi de mes promesses d’hier; ceux qui auraient pris au sérieux ma résolution d’évoquer dans ces chroniques les joies culinaires sud américaines ne doivent pas s’inquiéter d’un éventuel alzheimer qui aurait fait fondre mon cerveau, ils se rassureront et m’excuseront ou bien blâmeront vertement mes piètres connaissances en géographie dans les espaces prévus à cet effet (exemple : « l’inde c en n’asi, pauvmec » signé chacal ravi).
L’enseigne du Pushap nous fut suggérée par un très fin gourmet, un être exquis autant que braillard et exigent en ces matières, par ailleurs Bulgare excentrique et peintre. Quand nous cédâmes enfin à ses exhortations, c’était pour découvrir 1) que le Pushap était situé en plein Parc-Extension, ambiance fin d’autoroute moisie et manifestation d’anti-avorteurs tarés (tout ce dont on raffole vous et moi) 2) que le Pushap avait une devanture propre à décontenancer même un collectionneur de boules de neige allemand, à base de fioritures clignotantes cheap et de banderoles psychédéliques navrantes 3)  que tout ça c’était déjà beaucoup.
Moi qui avais été initiée au très loundge Atma, un autre restaurant indien situé, lui, sur Saint-Laurent, avec poufs multicolores à l’appui et boissons sophistiquées servies par des gars pieds-nus en turban, je considérais la fuite comme une option, regrettable certes, mais qui m’évitait une lutte pénible avec des éléments décoratifs hostiles.
Je ne tournerai pas autour du pot, car en dépit de mes pauvres tentatives pour entretenir un misérable suspense, vous l’aurez compris : le ravissement me saisit au premier croc planté dans mon premier samosa. La carte est végétarienne, il vous faudra donc choisir entre des menus de lentilles, de pois chiches au curry, de basmati safranés, de lassis onctueux et de tomates à l’ail, des menus caractérisés par leur extrême simplicité et par leur savoureuse richesse, corollaire et proportionnelle. Vous aurez l'impression troublante d'être véritablement en Inde, soumis à un raffinement inconnu et insoupçonné, en laissant fondre la patate sucrée sur votre langue dubitative.

Tout est servi dans des plats de métal, et le serveur, imperturbable dans la presse, offre indifféremment son sourire ineffable et déroule pour vous avec une humble majesté les trésors de la maison. Le stand pâtisserie est à considérer étroitement. Soulignons que 7 dollars (hé oui…) suffiront à nourrir un adulte, ce qui n’est pas un avantage négligeable au regard du fameux Atma!
À demain pour, peut-être, de la cuisine polonaise…

Le Pushap, 5195, rue Paré , (514) 737-4527
Atma, 3962, boul. Saint-Laurent, (514) 798-8484

Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 04.01.06 à 19:43 - 3 commentaires

menus.jpgCroyez-moi, vous ne tireriez aucun bénéfice à ce que je vous raconte ma soirée de nouvel an d’hier : sur un mauvais dosage de caféine, j’ai fait l’andouille pendant 6 heures sur un tapis de danse pour PS2 loué chez Vidéotron accompagnée de jumeaux de 11 ans et demi champions de tai kwan doo.
 Je préfère, en ce jour nouveau à plus d’un titre, secouer pour vous le tapis du souvenir, et évoquer une soirée particulière de décembre où nous projetâmes machiavéliquement d’initier notre ami Finlandais et sa compagne aux étrangetés typiques et en apparence peu ragoûtantes de notre bonne vieille cuisine de terroir. Le Petit Extra en ce sens est une étape obligée, restituant à merveille l’âme du bistro parisien et sa chaleur moelleuse et colorée.
Nous commençâmes par soumettre nos nouveaux Ubsek et Rica, cobayes amusés autant qu’inquiets, à un régime d’escargots. Un peu raide à première vue. Je m’y astreignis moi-même, je tiens à le dire, non par empathie mais par le même genre de pulsion sauvage qui pousse le cochon vers la truffe. Il faut dire que les escargots au Petit Extra sont délicieux, quand ils en ont. Les ris de veau à la cardamome actuel (voir le site pour les changements dans le menu) peuvent faire figure de matériel d’initiation, c’est aussi un truc qui a l’air dégoûtant.
Après ça, ce fut le fiasco, les Finlandais refusèrent d’aller plus loin avec du foie. Ils choisirent en bravade le pavé de chevreuil, malgré nos supplications. Pour ma part, dépitée, je pris un contre-filet à la confiture d’oignon afin de montrer clairement ma désapprobation. Peine perdue. Tout le monde s’en fichait.
L’expérience tournant court ne nous empêcha pas de nous régaler, notamment avec les crèmes brûlées qui firent l’unanimité et rescellèrent nos unions.
En conclusion, je dois dire aux Français qui éventuellement nous liraient, que le Petit Extra est, avec le Tonnerre de Brest et le Paris Beurre dont je parlerai en temps et lieux, une matrice nourricière où réchauffer nos appétits défoliés par l’exil. Un point de ressource où tous les abats sont permis. Une oasis donc.
À demain pour de la cuisine sud américaine…

Mandelstam

Le Petit Extra : 1690, rue Ontario Est, 527-2225
Le site : www.aupetitextra.com

Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 01.01.06 à 18:17 - 3 commentaires

im_cuisine_2.jpgJ’ose à peine le dire, mais hier, au sortir d’une séance de King Kong qui me laissa à la fois éplorée (pourtant je le savais qu’il allait mourir à la fin, le singe) et étrangement vidée, comme après une bonne vieille purgation tragique, j’avais une fois encore envie de crevettes (et ici on remarquera le sournois leitmotiv de ces humbles chroniques, ma grossesse n’y étant sans doute pas pour rien). En bon tyran domestique, j’imposai fissa mes vues en la matière, et fis faire escale à tout mon monde au Chao Phraya, paradis de la crevette thaï et de plein d’autres trucs nageant dans le lait de coco. Ainsi mon témoin prit-il en entrée une soupe aux fruits de mer au basilic et au cari, coco en sus. Pour ma part, ce fut la version salade (fruits de mer et feuille de menthe). Les hors d’œuvre à eux seuls surent  dénouer l'émotion qui agitait mon petit menton tremblottant, et je retrouvais bientôt mon flegme naturel en me disant que finalement King Kong l’avait bien mérité.

Il y eut ensuite des pinces de crabe, au poivre blanc et à l’ail pour moi et au cari pour mon mari. Au dessert, on rigolait comme des petits fous en nous remémorant les meilleurs moments de l’aile ou la cuisse, devant un pudding tapioca et des bananes frites. On est peu de chose…L’ambiance de ruche enveloppante, le service royal des serveurs pleins d’un silence apaisant au regard de l’agitation alentour, tout concourt à produire l’intimité paradoxale (et rigolarde) propre à soulager toutes les peines de cœur, même celle qui vous lie misérablement à un gros singe tambourinant en haut de l’Empire Stade Building….

Mandelstam


Le site : www.chao-phraya.com
Chao Phraya, 50 avenue Laurier ouest, (514) 272-5339

Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 30.12.05 à 21:45 - 1 commentaire

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Les gens bien savent que sous mes dehors rugueux et peu avenants sommeille une carioca ivre de soleil tapochant et de danses en tongues endiablées. L’autre jour, c’est donc munie de toutes mes plumes et flanquée d’un témoin bienveillant que je suis allée parader, ménade multicolore, au Senzala, ultime rendez-vous des amoureux du Pain de Sucre.
Bien. Je pense qu’à ce stade vous considérerez comme moi que j’ai payé mon écot aux clichés. Je vous épargnerai donc les considérations d’usage sur la chaleur de l’atmosphère brésilienne à décongeler vos petits cœurs de nordiques contristés. J’ajouterai seulement, avant de parler des choses sérieuses, que le lieu reste fidèle à la simplicité bonne enfant des restaurants du Plateau où une bougie parfumée et un bon disque valent parfois mieux que beaucoup de designs à fesse plate.
Les fameuses choses sérieuses, ce sont les assiettes, ce qu’il y a dedans, et notamment les crevettes, encore et toujours. Pour ma part, je les ai accompagnées d’un manioc frais et de lait de coco (coriandre en sus) et mon mari (le témoin bienveillant) les a choisies en brochettes, avec de l’ail et de l’huile épicée. Vous appellerez ça respectivement Bobo de Camarao et Churrasquinho mixto (que vous prononcerez comme moi d’un fort accent alsacien). J’ai pris ensuite un jus fabuleux, une batida au coco (sans alcool je vous rassure) et je me suis trouvée fort heureuse, revigorée pour toutes nouvelles aventures éventuelles.

Le site du Senzala : www.senzala.com
Le Senzala, 177 rue Bernard (274 1464) ou au 4218 rue De la Roche (521 1266)

Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 14.12.05 à 21:41 - 2 commentaires

abie_sandwich_01_sm.jpgOù l’on revient à un classique, entre un smoked meat et un gros cornichon…

     La scène se déroule un samedi soir particulièrement sinistre : il fait un temps de chien, vos voisins de palier ont décidé de fêter leur augmentation en invitant leurs amis à une soirée country, et il n’y a plus rien dans le réfrigérateur, mis à part un pot de moutarde quasiment fini et deux carottes qui se battent en duel. Bref, vous n’avez qu’une idée en tête : fuir votre univers craspouille et déprimant pour vous jeter sur une nourriture abondante et réconfortante. Mais où? Telle est la question, à laquelle je répondrai avec vaillance et sans hésitation: « chez Schwarz’s ».
      Rendez-vous d’abord sur l’avenue Saint Laurent, quelques blocs à l’ouest de la célèbre Saint Denis. Le quartier est vivant, branché, sans être guindé, nous sommes à quelques pas des boîtes nuits et des magasins de mode. Ce qu’on remarque lorsqu’on arrive, c’est la file qui se prolonge jusqu’au trottoir, on comprend tout de suite (avec le plaisir du futur initié en cours de déniaisage) que l’on ne va pas n’importe où.
      Une fois à l’intérieur, on se laisse surprendre par la déco chaleureuse, qui rappelle celle d’un « diner » (prononcé daï-neur) new-yorkais. Certes il ya foule, et on doit souvent s’asseoir à côté d’inconnus, mais qu’importe?Faisons fi de nos timidités et commandons sans plus attendre, selon le rituel, notre assiette de viande fumée et notre cornichon (essentiel apparat et conquête capitale) et puis des frites. Cinq minutes plus tard, les victuailles arrivent, et le festin peut commencer. La viande fond dans la bouche et y laisse son goût délicieusement salé, tandis que la combinaison tranche de pain/moutarde  est idéale pour relever le tout. En bref, c’est avec le ventre plein et le sourire aux lèvres que vous quitterez la table.
       Vous voilà rassasiés et remontés à bloc, vous pouvez à présent rentrer chez vous pour chercher votre fusil de chasse et dire deux mots à vos voisins du dessus.

stoubidoo

Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 26.10.05 à 00:13 - 4 commentaires
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Où l’on s’ébat aux banquettes des délices, et où l’eau de rose n’a rien de sirupeux…

C’est en excellente compagnie et sur les conseils éclairés de mon amie Sandrine, dont j’ignorais le penchant discret pour les plaisirs à l’eau de rose, que j’ai découvert les banquettes du Rumi, prairies parfumées où l’on s’ébat entre un verre de thé noir à la cardamome et un poulet mariné au curry et au gingembre (aphrodisiaque ? Oui moi aussi j’ai remarqué).
En évoquant cette soirée délicieuse, il me paraît insensé de passer sous silence la présence d’Aubi, notre serveur dévoué, qui essuya vaillamment et malgré sa timidité, nos élans géostratégico-rigolards (après un bout de temps, de plus en plus éfoirés dans la tiédeur des canapés emmitouflant nos ivresses, la confiance est venue d’elle-même et certains (moi en fait) se sont lancés dans des tirades sans queue ni tête et sans véritable teneur comique). Bref. J’ai terminé personnellement mon repas avec le flan afghan (quand d’autres s’empiffraient de gâteaux fourrés aux dattes) accompagné d’un thé à la rose et à l’hibiscus (il paraît que l’hibiscus est la fleur de la tendance hippie chic…). Un peu plus tôt, un lassi à la mangue avait totalement annulé mon libre arbitre (d’où l’éfoirage massif)…Que dire, un lieu tout à fait recommandé.

Le Rumi, 5198 rue Hutchison, 514.490.1999

Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 21.10.05 à 20:32 - 0 commentaire
Le chou, so loundgeAu Chou, ce soir là, on était venus échapper à la canicule, dont le gros popotin faisait ployer Montréal et affessait nos dignités à la manière d’un vieux Pont-Lévêque liquéfié. Ceci pour planter élégamment le contexte.
Le Chou, en tant qu’il est limitrophe du restaurant Les Chèvres, tire son nom d’un jeu de mot spirituel. Et de fait, le décor est à l’avenant : le menu est écrit sur un tableau noir, le comptoir est vaste et ponctué de petites lampes oranges savamment suspendues, l’ensemble est cosy, on dit loundge il me semble. Bref, on sent le designer derrière, et je m’arrête là. Pour ce qui est de la carte, elle apparente l’établissement, avec certaines nuances, à un bar à tapas avec des plats courts et resserrés, peu coûteux (8 $ pour le salé, 6 $ pour le sucré), qu’on a plaisir à s’échanger si on est amoureux, ou qu'on se drague discrètement.
Si le salé est (seulement) très correct, notamment la tartine à la saucisse et aux champignons, et le hareng aux avocats (bien présenté dans un petit bol, du hareng fashion disons), je dois admettre que pour le sucré, nous atteignons subitement et de manière totalement inattendue les sphères orgasmiques avec, tenez-vous bien, une crème au chocolat avec des petits bouts croquants sur lit de caramel salé. Je ne m’y attendais pas, et le reste du repas a ressemblé à un mauvais remake de Quand Harry rencontre Sally. J’ajoute qu’un dessert maison était proposé - un pudding au pain avec des pistaches - et que selon certains témoins de confiance qui nous ont servi de cobaye pour cette chronique, c’était encore meilleur. Je n’y crois pas personnellement.

Le Chou, 1205, avenue Van Horne, Outremont, 514-270-2468
Le site des Chèvres, la maison mère : www.leschevres.com
Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 12.07.05 à 15:20 - 1 commentaire

Où l'on se remémore tendrement notre rencontre avec des crevettes pleines de joie de vivre.
Pour mes 30 ans, figurez-vous, nous nous sommes trouvés, mon mari et moi-même, assez beaux et assez riches pour nous frotter à l’élite jet-set (enfin, selon mes critères c’était de la jet-set, si si,  y avait un hockeyeur célèbre, ça compte !…) en allant manger à l’ultra-trendy Mediterraneo, sur Saint Laurent, à deux pas de l’Excentris. Ô fol orgueil, misérable présomption ! À peine le seuil franchi, soigneusement tenus au bout d’une gaffe par les serveurs (sublimes créatures glamoureuses, la fesse fraîche, la tête droite et le sein arrogant), nous sentîmes notre petitesse (1m63 en ce qui me concerne, c’est ridicule) et nous nous installâmes, contrits, sur les somptueux fauteuils écarlates en faisant vœu de discrétion.
Si l’ambiance, affiliée esthétiquement au Bouddha Bar, pour ceux qui connaissent, est un peu frisquette (enfin, là encore selon mes critères), la carte, elle, est totalement affolante. Je sens les larmes monter ( je les retiens évidemment, ça arrangerait pas mon make-up), en voyant s’éloigner ma dernière crevette à la coriandre, d’une fraîcheur émouvante, tandis que mon mari cache virilement ses émotions derrière sa serviette. Lui a choisi le filet mignon. Rien que pour ça, le Mediterraneo mérite le détour (assurez-vous tout de même d'avoir un peu de monnaie sur vous...), et rentrez votre ventre, juste un conseil.

Mediterraneo, à deux pas de l’Excentris. 3500 St Laurent
Téléphone : 514-844-0027

Posté dans Arts gourmands par Mandelstam le 29.06.05 à 18:02 - 2 commentaires