Furie Alpha à l'Agora de la Danse
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     Où l'on se prend une porte et une banane en attendant la suite...

Furies Alpha constitue la première partie d’une série de 24 études élaborées par la chorégraphe Estelle Clareton. Présentée à l’Agora de la Danse, l’œuvre se veut un mélange explosif de rage, de tendresse, de mouvement et de passion. En d’autres termes, elle  veut, ô grande surprise, étonner et choquer. Je suis allé voir ce qu’il en était vraiment.
      Le début s’annonce mal : avant que le spectacle n’ait commencé, les danseurs sont déjà présents sur scène, courant dans tous les sens et frappant à une porte qu’ils se passent à tour de rôle. « C’est intéressant », se dit on d’abord. Puis, lorsqu’on voit que ça dure, on se met à penser « c’est chiant ».On note un élément symbolique très subtil : le grillage qui sépare les danseurs du public, comme pour signifier l’enfermement, le flou ou je ne sais quoi encore. 
       Et puis le spectacle commence, et j’avouerai que les cinq premières minutes sont grisantes, j’en oublie presque l’interminable introduction. En effet, la musique d’Éric Forget, un savant mélange de bruits mécaniques extrêmement rythmé accompagne à merveille les mouvements quasi-automatisés et uniformes des danseurs (dont la technique est impeccable, en passant), et l’on se laisse entraîner par le mouvement effréné de la chorégraphie. La danse, dans ce spectacle, ne semble pas échapper à cette froideur ambiante, cette rationalisation du mouvement presque intenable, typique au monde contemporain.  
        Seulement voilà, une fois la surprise passée, le tout devient lassant. Il y a bien, çà et là, quelques passages durant lesquels les artistes font une pause pour hurler des dialogues relativement incohérents ou encore pour manger une banane (eh oui) mais le tout ne nous empêche de succomber peu à peu à un ennui des plus profonds. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est cette satanée porte  que les interprètes se relèguent un à un, et dont la symbolique nous échappe complètement. Le tout finit en queue de poisson, et seule l’extinction des lumières nous indique que la torture est bel et bien finie.  
        Furies Alpha 1/24 tente donc de dresser un portrait de la vie moderne froide et trop rationnelle, et c’est réussi, en grande partie grâce à la musique, j’aimerais le souligner. Mais ce qu’Estelle Clareton oublie, c’est qu’il en va de même pour son spectacle : il est hostile, froid et définitivement trop ennuyeux, dommage, l’idée était (presque) bonne…

Stoubidoo

Posté dans Arts de la scène par Mandelstam le 12.10.05 à 22:44
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