François LeTourneux à la galerie Han

Où l'on s'initie paisiblement au bondage et aux perforations, en compagnie d'un peintre plutôt placide...
Illustration Francois LeTourneux 3 DRLes toiles exposées à la galerie Han sont regroupées sous le titre de Prospections, titre qui doit son origine à la figure récurrente du prospecteur, affouilleur infatigable des denrées du sous-sol, métaphore sensible et silhouette tendre, effigie humaine surprenante dans un univers essentiellement abstrait. Les paysages sont recomposés par une grille géométrique qui en fait saillir les motifs organiques, selon les lois paradoxales qui travaillent toute grande oeuvre en défiant la notion même de frontière entre les matières. Il y a dans l’espace échancré de certaines lignes droites le surgissement d’une émotion visuelle indicible, qui n’est pas coupée de sa dimension organique, voire corporelle. Je pense à ces grandes toiles pratiquement blanches que déchirent les mouvements du stylet, recomposant un bord de mer effondré et sublime. Les autres toiles se placent dans une perspective moins accessible, et à mon avis moins convaincante, parce que plus cérébrale (le mot va faire bondir l'artiste) et intentionnelle. Cependant la recherche, placée sous le signe de la route, indistinctement ascendante et descendante, interrompue et reprise fluidement, ne manque pas d’intérêt.

À la faveur d’une rencontre un peu plus précise (n’imaginez pas n’importe quoi, c’était parfaitement sérieux et plein de bonnes intentions), j’ai eu la chance de voir d’autres toiles, issues d’expositions antérieures, en particulier Extraction : perforations, topologies, qui avait initié l’exploration du motif du sol, de la ligne et de l’espace, ajointée à une préoccupation ancienne qu’il me désigna alors sous le terme d’ « hétérogénéité des styles ». On y retrouve en germe l’expression d’une nature sanglée et débordante dans son quadrillage géométrique (le géométrique ici interprète le géographique et l’exhausse) puis quelques perversions bien innocentes (je pense à la pièce Bondage qui est, m’explique t-il avec un sourire angélique, inspirée des enroulements et des ligatures japonaises, subtilités inconnues de l’Occident, toujours copiées, jamais égalées) qui ne me laissent pas insensibles, loin s’en faut. Je suis à ce stade bien incapable de dire quoique ce soit sur la petite culotte (un tie-side précise t-il) perforée (comme la plupart des toiles de cette série d’ailleurs) qui se gonfle comme une plaie, mais je m’en vais en pensant que la création contemporaine à Montréal porte ici des couleurs bien séduisantes.

MAJ 12.06.05 : lire aussi l'entretien avec François LeTourneux.  

+ d'info : Prospections à la galerie Han, du 5 Décembre 2004 au 15 Janvier 2005

Posté dans Arts visuels par Emmanuelle le 08.01.05 à 04:03
Commentaires
De ida, posté le 05.03.06 à 20:53

bonsoir,

en visitant votre site , j'ai passé un bon moment. bravo!

Merci de visiter mon site et y annoter vos impressions.

www.idaroyer.com




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