
Au Chou, ce soir là, on était venus échapper à la canicule, dont le gros popotin faisait ployer Montréal et affessait nos dignités à la manière d’un vieux Pont-Lévêque liquéfié. Ceci pour planter élégamment le contexte.
Le Chou, en tant qu’il est limitrophe du restaurant Les Chèvres, tire son nom d’un jeu de mot spirituel. Et de fait, le décor est à l’avenant : le menu est écrit sur un tableau noir, le comptoir est vaste et ponctué de petites lampes oranges savamment suspendues, l’ensemble est cosy, on dit
loundge il me semble. Bref, on sent le designer derrière, et je m’arrête là. Pour ce qui est de la carte, elle apparente l’établissement, avec certaines nuances, à un bar à tapas avec des plats courts et resserrés, peu coûteux (8 $ pour le salé, 6 $ pour le sucré), qu’on a plaisir à s’échanger si on est amoureux, ou qu'on se drague discrètement.
Si le salé est (seulement) très correct, notamment la tartine à la saucisse et aux champignons, et le hareng aux avocats (bien présenté dans un petit bol, du hareng
fashion disons), je dois admettre que pour le sucré, nous atteignons subitement et de manière totalement inattendue les sphères orgasmiques avec, tenez-vous bien, une crème au chocolat avec des petits bouts croquants sur lit de caramel salé. Je ne m’y attendais pas, et le reste du repas a ressemblé à un mauvais remake de
Quand Harry rencontre Sally. J’ajoute qu’un dessert maison était proposé - un pudding au pain avec des pistaches - et que selon certains témoins de confiance qui nous ont servi de cobaye pour cette chronique, c’était encore meilleur. Je n’y crois pas personnellement.
Le Chou, 1205, avenue Van Horne, Outremont, 514-270-2468
Le site des Chèvres, la maison mère :
www.leschevres.com