Presto, au théâtre du pylone

 Un Batman de l´édredon.

C´est le profil de Phil, le meilleur ami de Mathieu, héros de Presto. Geneviève dit aussi de lui qu´il est un «player». Charmant portrait, n´est-ce pas ? Hélas, il ressemble beaucoup à l´impression que l´on a en sortant de ce court spectacle : superficiel. 
La langue est pauvre, constellée de ces expressions populaires qui charment l´oreille mais qui n´ont pas grand chose à faire dans un texte théâtral. Les dialogues se veulent drôles mais ils sont criants de cette vérité que l´on n´aime pas toujours entendre. Imaginez : vous êtes une jeune fille enthousiaste ou un meilleur ami rentré fraîchement de Paris où votre charme exotique a fait, selon vos dires,  des ravages, et vous vous rendez compte petit à petit que votre ami s´éloigne de vous et se referme sur lui-même. Il est tombé amoureux d´une image, photographie d´une fille (Julie) prise par hasard sur une terrasse de café qu´il hante désormais.
Bref, l´histoire d´une déchéance qui n´arrive pas qu´aux autres nous est proposée sans grande profondeur. Aucune réflexion ne vient élever le caractère anecdotique de l´affaire. De vieux procédés techniques nous font comprendre que le temps passe : immobilité des acteurs et augmentation du volume sonore de la musique marquent ainsi une chronologie de fait divers. Faut-il croire que l´auteur et metteur en scène, Marc-André Girard, n´a pas trouvé mieux pour rendre sa prose plus vivante ? Ce choix correspond dramatiquement au ton général de la pièce.
Quel dommage de voir le polyvalent et talentueux Stéphan Allard (François, fiancé de Julie) se compromettre dans cette aventure

Posté dans Arts de la scène par Le Chanut Solaire le 01.05.06 à 14:59
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