Cannes, petite sociologie du spectateur
A côté des critiques de films, des interviews de créateurs ou d’acteurs, les « choses vues » sont un passage obligé pour les journaux qui couvrent le Festival, attisant la curiosité de ceux qui n’y sont pas, et l’ironie de ceux qui « y » sont sans « en » être. Si l’on préfère, à la sociologie sauvage que dessine ces notations, le regard aiguisé de vrais sociologues, on pourra se reporter aux textes rassemblés par Emmanuel Ethis (Université d'Avignon) lors du Festival 2004 (mais la faune qui hante la Croisette n’a sans doute pas beaucoup changé depuis), et mis en ligne sur le site de l’Exception, très sérieux groupe de réflexion sur le cinéma qui rassemble critiques, cinéastes et universitaires.
Illustrées par les photos d’Emmanuel Ethis, ces approches transversales pointent les enjeux de pouvoir ("Accréditations, Factures EDF" : résumés commodes de notre identité) et de représentation ("Voir, ne pas voir, faut voir..." : une économie de l’excitation du regard) qui sous-tendent les gestes les plus anodins, et dessinent quelque portraits croquignolets ou émouvants (ainsi celui d’une veille femme qui hante les rues de Cannes arborant une accréditation …vieille de vingt ans).
Certaines analyses très pointues, voire parfois absconses (avouons avoir calé devant la phrase suivante : "En effet, le témoignage cannois et la "monstration" photographique qui l’étaye ne peut relever que de la communication affective au cinéma à quelqu’un qui éprouve un intérêt positif, critique ou carrément négatif susceptible d’être animé, réanimé pour qu’il y ait une communication effective.") rebuteront peut-être le non-spécialiste, mais l’ensemble constitue un corpus qui permet de repenser les clichés habituels.
Posté par Zéro de conduite le 24.05.07 à 11:55
Commentaires
De caro, posté le 05.06.07 à 18:38

En tout cas j'ai suivi le Festival via le numéro spécial de Toutaz sur la 4, eh ben c'était pas glorieux…


Ajouter un commentaire
Prénom/Pseudo :
Email ou URL :
Ton message :
Crypto
Recopie crypto :