Ferdydurke au théâtre Prospero

Ferdydurke_index.jpgLe théâtre Prospero présente, ces jours-ci, une adaptation de Ferdydurke, le roman de Witold Gombrowicz paru à Varsovie en 1937. Il s’agit en fait d’une reprise, puisque la pièce avait déjà été présentée il y a un peu plus d’un an. L’adaptation et la mise en scène sont de Carmen Jolin. L’oeuvre, sous des dehors fantaisistes et parfois, franchement absurdes, pose un regard lucide sur les relations entre les hommes, et propose une critique sociale originale et universelle. L’adaptation est un bon condensé du roman; Carmen Jolin a su en préserver l’humour si particulier, tellement caustique. Si la pièce présente quelques longueurs, elle m’a tout de même paru plus digeste que le roman, qui n’est pas d’une lecture facile. Le jeu des acteurs est équilibré; énergique sans être hystérique. L’aspect tout à fait caricatural des personnages créés par l’auteur polonais est bien rendu. Les tiques et mimiques font partie inhérente de l’oeuvre et les acteurs, qui s’en donnent à coeur joie, proposent en ce sens une étonnante performance. L’un des moments forts de la pièce est d’ailleurs un concours de grimaces auxquels se livrent deux des personnages (l’un incarné par Frédéric Lavallée et l’autre par Vincent Magnat), une scène dont l’humour tout à fait burlesque évite le grotesque. La simplicité du décor permet un usage assez inventif des accessoires et met en valeur le côté imaginatif et délirant du texte. Bref, le propos de Gombrowicz est fort bien servi par cette adaptation; tout concourt à en faire une pièce à la fois drôle, profonde et déstabilisante.

Sophie G

Posté dans Arts de la scène par Mandelstam le 21.01.06 à 17:50
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