Après une lecture que je souligne d’emblée comme contrainte et forcée (l’ouvrage fut sélectionné, on se demande sur quel critère sinon celui d’exister au bon moment, pour être représenté au prix littéraire des Collégiens), j’avoue mon extrême perplexité devant un objet littéraire qui affiche si pompeusement, et jusque dans son titre, sa prétention à faire comme tout le monde, en même temps que comme personne. Ce n’est pas dans la jeunesse de son auteur, dans son inexpérience qu’il faut chercher cette impression d’adolescence qui transpire de chaque page. C’est bien du côté de cette contradiction fondatrice, hystérique à souhait et déplaisante comme un caprice de petite fille gâtée. La narratrice assène ses banalités (puisque c’est ainsi qu’elles le font toutes) en les habillant des oripeaux prétentieux de l’audace, rabattue misérablement sur quelques coïts recuits et quelques gueules de bois navrantes. Je ne sais quoi ajouter sur l’éloquente superficialité de toute cette histoire, dont les bribes glamoureuses nous parviennent sans entrain.
L’argument est sinon autobiographique, du moins auto-fictionnel (un genre un peu case-gueule, mais tellement vendeur) et relate (tenez-vous bien, du jamais vu par les temps qui courent) les amours bisexuelles d’une jeune étudiante en médecine entre Montréal et Paris. Il semble que Clara Ness ait eu l’intention de faire passer son absence totale de maîtrise diégétique sur le dos de ses écrivains admirés, dont on remarquera qu’elle les utilise sans les mentionner (s’imagine t-elle faire partie d’un même corps?) notamment ce pauvre Rimbaud, dont Clara endosse la toison à bon compte. L’usage de l’ellipse lui est emprunté, je présume, mais chez notre romancière, elle n’est pas court-circuit électrique vers l’ailleurs, elle est disgrâce formelle et c’est à peu près tout. Je terminerai avec cette citation tirée du livre, qui en dit long sur l’hypocrisie de son auteure ou sur son inconscience (personnellement j’y vois une ultime manipulation) :
«Tu as lu ça? C'est le dernier truc de littérature féminine. Encore. De la Jeune-Fille à l'état brut. Chaque fois, c'est la même chose : elles mêlent leurs souvenirs personnels à l'Histoire. Incapables de se contenter d'une fiction. On croirait lire leurs journaux intimes, c'est d'un ennui…»
Elle ne croit pas si bien dire…
Mandelstam
Bonjour Virginie,
En parlant de case-gueule (charmant lapsus), je crois bien que vous tentez de caser la vôtre. Certes, il est aisé d'exister par la critique acerbe, mais laisser entendre que vous êtes une cégépienne et que votre lecture était contrainte du fait de la nomination de Clara Ness au prix des collégiens, n'est-ce pas aussi une "ultime manipulation" ?
Quant à votre pseudo, peut-être endossez-vous, vous aussi, la toison d'un autre à bon compte ?
Luc 6, 41
"Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'oeil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton oeil à toi, tu ne la remarques pas !"
Réjean
Cher Réjean,
Puisqu'il n'est pas permis d'exprimer ses réserves sur le livre de...votre amie, vous-même (?), je vous invite à nous livrer votre proposition critique. Éclairez-nous, et surtout délivrez moi de cette poutre qui obstrue mon oeil, que se déroulent enfin pour votre pénitente les beautés du texte de Clara Ness.
Pour l'instant, si je résume, vous venez de m'asséner un truc du genre: "toi-même, çui qui dit qui y est". C'est un peu maigre, convenez-en...
bien à vous
ps:
Je ne suis pas cégépienne, je suis enseignante.
Saint Réjean , qui venez évangéliser notre toile internet, priez pour nous!
non mais des fois!!!
Mandelstam,
Je suis une cégépienne qui a été dans l'obligation de lire "Ainsi font-elles toutes". La lecture de votre critique m'a été d'un grand soulagement. L'auteur donne vraiment le sentiment d'avoir écrit ce roman pour se valoriser elle-même et étaler toute sa "sublime culture". C'est tellement pompeux par moment... j'en levais les yeux au ciel! Et toutes ses métaphores constantes, avaient-elles vraiment une signification? Il semble qu'on l'excuse de ses fioritures parce qu'elle fait dans la littérature libertine. Bon, j'aime pas ce genre!
Bonjour Mimy,
Je suis professeure en faculté de littérature de l'U de M et je peux te dire que cette ouvrage que vous lapidez à coup de commentaires cinglants sur ce blog, est un pur bijou de la littérature internationale, vraiment d'une richesse culturelle et d'une originalité stylistique. Je ne comprend pas votre mépris. Et cette Mandelstam qui ensigne, avec un jugement si... faible!!
Pff
J'oubliais.... malgré ces points très agaçants, il faut tout de même avouer qu'elle écrit très bien...
Chère Lucienne,
je crois qu'avec des amies comme vous, la littérature (fût-elle "internationale" comme vous dites...) n'a pas besoin d'ennemis.
Quant à votre prétendue situation de professeur d'université (ah! le confort anonyme d'internet!), j'ai du mal à y croire au vu de votre message, rempli de fautes d'orthographe et d'arguments d'autorité nébuleux.
Le mépris que vous m'imputez est fort regrettable, je vous prie de m'en excuser, mais que dire de votre incompétence?
Une fois de plus, que de commentaires pitoyables. Vraiment, nous avons affaire à une sacrée bande d'''intellectuels'' tous plus boiteux et ignares les uns que les autres!
Bravo!
Clara Ness nous fait traverser les rives du tabou avec sa généraliste épicurienne. Mais quelle est la morale de cette histoire? Baiser à droite à gauche, sortir s’éclater dans les bars toute la nuit, prendre des substances illicites quand bon nous semble et ce, même si nous devons aller au cabinet médical le lendemain matin pour palper des patients.
Beaucoup se verront choqués par une représentation aussi crue d’une réalité qu’il ne faut pas nier. Elle est dans ce livre cette réalité, mais pas du tout fustigée. Certains critiques y voient le message d’être soi-même et de suivre ses élans et passions. C’est toujours aisé de lire un roman de ce genre et d’en venir à cette conclusion, de se laisser emporter à faire des éloges sur un thème pareil, mais se sont probablement ces mêmes personnes qui jugeraient et incendieraient l’action si elles la voyaient dans leur propre vie, ou rapportée aux nouvelles de dix-huit heures.
Si ce n’est pas le contenu du récit qui nous charme, nous pouvons cependant admettre le majestueux talent de l’auteure pour la prose. Lorsqu’on ouvre Ainsi font-elles toutes, on délace le ruban d’une boîte à musique. Les mots s’embrassent et forment un brillant baiser. Ils coulent et coulent encore en énumérations séduisantes et insolites. Mais, dans toutes ces recherches de mots et ces exhalaisons de culture aucunement subtiles, on ne retrouve pas la profondeur. C’est une histoire qui transpire la superficialité et qui ne nous permet pas d’évoluer, c’est une philosophie d’adolescente, bien froufroutante! Lucienne, je dois également ajouter que ce n’est pas parce que nous énumérons 5,6 grands noms du monde artistique ou que nous nous inspirons d’éminents écrivains pour se forger un style que cela fait nécessairement de notre œuvre un ouvrage riche en culture.
Je ne décèle dans ce livre aucune manifestation de culture. J’y vois simplement une auteure qui démontre sa connaissance en disséminant de grands noms ou en faisant référence à Mozart.
Une œuvre d’une réelle richesse culturelle parlera de la culture en elle-même, elle sera philosophique, parlera géographie, nous fera connaître des pays et des villes. Nous parlera d’histoire et d’art avec détails. Un livre qui nous permet d’apprendre et d’avoir envie de découvrir est un livre digne d’avoir autant d’éloges. Je ne considère pas Ainsi font-elles toutes comme tel. Désolée! Seul son magnifique talent à jongler avec les mots est digne d’éloges…
Magnus Tertius, devons-nous réellement être sur la même longueur d’ondes ? Une opinion divergente ne fait pas de nous des ignares. N’oubliez pas que certains critiques littéraires suivent le courant et ne disent pas toujours le font de leur pensée. De plus, je connais énormément de gens qui n’ont pas aimé ce roman pour les mêmes raisons énumérées ci-dessus. Respect des jugements s.v.p! Au lieu de nous traiter de noms, pourquoi ne pas débattre le sujet?
Clara Ness nous fait traverser les rives du tabou avec sa généraliste épicurienne. Mais quelle est la morale de cette histoire? Baiser à droite à gauche, sortir s’éclater dans les bars toute la nuit, prendre des substances illicites quand bon nous semble et ce, même si nous devons aller au cabinet médical le lendemain matin pour palper des patients.
Beaucoup se verront choqués par une représentation aussi crue d’une réalité qu’il ne faut pas nier. Elle est dans ce livre cette réalité, mais pas du tout fustigée. Certains critiques y voient le message d’être soi-même et de suivre ses élans et passions. C’est toujours aisé de lire un roman de ce genre et d’en venir à cette conclusion, de se laisser emporter à faire des éloges sur un thème pareil, mais se sont probablement ces mêmes personnes qui jugeraient et incendieraient l’action si elles la voyaient dans leur propre vie, ou rapportée aux nouvelles de dix-huit heures.
Si ce n’est pas le contenu du récit qui nous charme, nous pouvons cependant admettre le majestueux talent de l’auteure pour la prose. Lorsqu’on ouvre Ainsi font-elles toutes, on délace le ruban d’une boîte à musique. Les mots s’embrassent et forment un brillant baiser. Ils coulent et coulent encore en énumérations séduisantes et insolites. Mais, dans toutes ces recherches de mots et ces exhalaisons de culture aucunement subtiles, on ne retrouve pas la profondeur. C’est une histoire qui transpire la superficialité et qui ne nous permet pas d’évoluer, c’est une philosophie d’adolescente, bien froufroutante! Lucienne, je dois également ajouter que ce n’est pas parce que nous énumérons 5,6 grands noms du monde artistique ou que nous nous inspirons d’éminents écrivains pour se forger un style que cela fait nécessairement de notre œuvre un ouvrage riche en culture.
Je ne décèle dans ce livre aucune manifestation de culture. J’y vois simplement une auteure qui démontre sa connaissance en disséminant de grands noms ou en faisant référence à Mozart.
Une œuvre d’une réelle richesse culturelle parlera de la culture en elle-même, elle sera philosophique, parlera géographie, nous fera connaître des pays et des villes. Nous parlera d’histoire et d’art avec détails. Un livre qui nous permet d’apprendre et d’avoir envie de découvrir est un livre digne d’avoir autant d’éloges. Je ne considère pas Ainsi font-elles toutes comme tel. Désolée! Seul son magnifique talent à jongler avec les mots est digne d’éloges…
Magnus Tertius, devons-nous réellement être sur la même longueur d’ondes ? Une opinion divergente ne fait pas de nous des ignares. N’oubliez pas que certains critiques littéraires suivent le courant et ne disent pas toujours le font de leur pensée. De plus, je connais énormément de gens qui n’ont pas aimé ce roman pour les mêmes raisons énumérées ci-dessus. Respect des jugements s.v.p! Au lieu de nous traiter de noms, pourquoi ne pas débattre le sujet?
Ainsi-font-elles toutes est un roman qui ne mérite pas les éloges qu'il recoit. L'histoire est totalement aberrante et le style est plus ou moins bien maîtrisé. Comment une auteur de 22 ans peut-elle écrire sur des gens à l'aube de la trentaine, alors qu'elle n'a aucune idée de ce que c'est que d'avoir 30 ans. Je suis de l'avis de Mimy: Clara Ness semble avoir voulu impressionner par sa «culture» dans son roman. On a l'impresion qu'elle lance des noms d'artistes célèbres au hasard à chaque page. Dailleurs, elle ne semble pas connaître réellement ces gens et ce qu'ils ont fait. Pour terminer, je crois que ce roman donne une mauvaise image des jeunes adultes et qu'il n'est qu'une vulgaire généralisation d'une réalité pas si courante que ça. Je ne comprends pas pourquoi ce roman fait partie du prix littéraire des collégiens?
Pseudonyme,
Quelle poésie dans le style, quelle assurance, que de passion dans la définition d'une belle oeuvre littéraire, et enfin que de sécheresse dans la conclusion, continuez, ça me plait!
J'oubliais,
bravo Stoubidoo pour votre commentaire qui fait nettement avancer ce débat que Pseudonyme voudrait voir progresser!
Bravo !
je n'ai que ce mot là à la bouche!
Ce débat semble tenter de déterminer si ce roman a une quelconque valeur éducative. Une seule conclusion s'impose: je préfèrerais 1000 fois plus lire ce roman et débattre de son contenant et de son contenu, plutôt que de subir quatre fois la lecture obligatoire de Maria Chapdelaine, tel il était le cas lors de mon passage à l'école.
Pavlichenko,
On n'a jamais débattu du contenant de ce livre, cela serait un joli pléonasme, puisque le contenant, c'est le livre, jeune niais.
Quant à ce livre, qu'on cesse d'en parler, c'est lui faire bien trop d'honneur. Replongeons nous plutôt dans les poèmes de Baudelaire ou de Rimbaud, bien plus actuels et fascinants que cette littérature de pacotille.
J'ai parlé
Notre débat sur le livre en question se fait lundi prochain dans ma classe...
Je comprends tout à fait vos arguments sur Ainsi font-elles toutes, mais je trouve injuste de condamner ainsi la jeune auteure, parce que j'ai perçu dans son livre beaucoup plus d'admiration envers la littérature que de prétention. Ce n'est pas parce qu'on écrit un livre à un jeune âge que l'on est nécessairement inculte et insuffisament informé pour livrer une oeuvre de qualité. Il me semble d'ailleurs connaître quelques poètes qui ont percé le monde littéraire dans leur adolescence... Bon, je n'accorde pas ce haut statut à Clara Ness, croyant comme vous qu'elle pourrait travailler son style encore, mais je trouve son écriture magnifique. Je suis quelque peu déstabilisée par vos commentaires hargneux, car ce livre a sa place au prix littéraire des collégiens pour une raison non? Eh, l'auteure n'a pas l'expérience de Suzanne Jacob, mais il faut bien commencer quelque part non? Soyez donc un peu ouverts d'esprit!
Ah d'ailleurs, nous avons recontré Nicolas Dickner, Michael Delisle et Christiane Frenette vendredi passé... M.Delisle a dit: "Je ne fais pas d'auto-fiction moi, je fais de la littérature!" Croyez-vous que l'auto-fiction soit un procédé si terrible qu'il ne soit pas littéraire? Je vous mets au défi d'aller jeter des pierres au meilleur professeur que j'ai jamais eu, Patrick Nicol (auteur de "La blonde de Patrick Nicol"...) Enfin! Je suis une personne très modérée, j'espère ne pas me faire jeter des pierres moi aussi!
(P.S. Personnellement, je suis jalouse: une nomination au prix littéraire des collégiens à 22 ans, c'est top!)
(P.P.S. Les relations bisexuelles, c'est déjà un sujet dépassé? C'est une première pour moi, je ne lis sans doute pas assez!)
Mince, ça n'est pas à moi de dire quoi que ce soit mais emfin vous êtes très naïve.
D'abord vous mêlez un peu de tout dans votre réflexion, en comparant Clara Ness (une sous-auteure qui exhibe, justement, son manque de culture) et des artistes qui, tels Rimbaud, connurent le succès dès l'âge de 17 ans.
Ensuite, dois-je vous rappeler que Folle, de Nelly Arcand, était nommé l'année dernière?
Voilà
Bravo pour la modération, ça a meilleur goût dit-on.
Très interessant tous vos propos. Il va s'en dire que le livre de Clara Ness est d'une nulité rare. Bien qu'elle est une belle plume, ce la ne fait pas de son oeuvre un succès, comme le prétend la critique. (Quoi que la critique...) Je suis d'accord ``a dire que l'auteure est très prétentieuse dans son livre. À 22 ans, il me semble qu'on y va modéremment sur nos propos. D'autant plus que les situations décrites sonr totalement irréalistes. Je me rappelais pas qu'un interne en médecine pouvais se permettre une semaine de vacance et revenir quand bon lui semble. Sans compter que ses collègues lui font une fête. WOW ! Bref, cet oeuvre regorge d'invraisemblances, où la sexualité est banalisée et décrite de manières dégradantes. J'ai peine à croire que les filles ne réagissent pas à une tel oeuvre. Comme l'auteure qui n'a que 22 ans peut prétendre que toutes les femmes sont ainsi. Abominable !
Bref, inutile de continuer. Je crois que de très bons commentaires ont été mentionnés dans les textes plus haut. Mais pour finir, est-ce que les sélections de cett année étainet vraiment de qualité? Je me le demande fortement. Franchement, les juges nous prennent pour des épais. Nous présenter 5 oeuvres plutôt ordinaires. Il me semble qu' un oeuvre comme "U ne belle mort" méritait davantage à être dans al sélection. Heureusement, je vais être à Québec pour la délibération, et je compte bien faire valoir le point de vue de notre collège devant les autres.
Très interessant tous vos propos. Il va s'en dire que le livre de Clara Ness est d'une nulité rare. Bien qu'elle est une belle plume, ce la ne fait pas de son oeuvre un succès, comme le prétend la critique. (Quoi que la critique...) Je suis d'accord ``a dire que l'auteure est très prétentieuse dans son livre. À 22 ans, il me semble qu'on y va modéremment sur nos propos. D'autant plus que les situations décrites sonr totalement irréalistes. Je me rappelais pas qu'un interne en médecine pouvais se permettre une semaine de vacance et revenir quand bon lui semble. Sans compter que ses collègues lui font une fête. WOW ! Bref, cet oeuvre regorge d'invraisemblances, où la sexualité est banalisée et décrite de manières dégradantes. J'ai peine à croire que les filles ne réagissent pas à une tel oeuvre. Comme l'auteure qui n'a que 22 ans peut prétendre que toutes les femmes sont ainsi. Abominable !
Bref, inutile de continuer. Je crois que de très bons commentaires ont été mentionnés dans les textes plus haut. Mais pour finir, est-ce que les sélections de cett année étainet vraiment de qualité? Je me le demande fortement. Franchement, les juges nous prennent pour des épais. Nous présenter 5 oeuvres plutôt ordinaires. Il me semble qu' un oeuvre comme "U ne belle mort" méritait davantage à être dans al sélection. Heureusement, je vais être à Québec pour la délibération, et je compte bien faire valoir le point de vue de notre collège devant les autres.