Avaler la mer et les poissons est une pièce de notre temps. L’histoire est celle de quatre personnages à la fois originaux et anonymes : Kiki (Sylvie Drapeau), une peintre contemporaine dont l’art fascine tout son entourage, mais qui ne peut trouver l’amour; sa « sœur choisie », Ariel (Isabelle Vincent), une idéaliste politique mariée à Jérôme (Daniel Gadouas), professeur d’université, qu’elle trompe avec Georges (Denis Bernard), chirurgien lui-même fasciné par l’art de Kiki,et qui finira par vivre une liaison passionnelle avec celle-ci..
Dit comme cela, le canevas fait un peu vaudeville; pourtant Avaler la mer est bien plus qu’un remake de Labiche.
Le but est ici d’évoquer le deuil sous toutes ses formes, non sans une pointe de maladresse, avouons-le. En effet, Sylvie Drapeau semble avoir du mal à être fluide dans ses mouvements ainsi que dans son jeu, et l’on éprouve une certaine perplexité à la regarder évoluer sur scène. Il faut aussi noter quelques passages où l'ensemble tourne carrément au ridicule, je pense notamment à la scène de rencontre entre le « fantôme » de Jérôme et Kiki, dans laquelle ils se mettent à plaisanter sur le fait que Jérôme ne pourrait apparaître à sa femme sans que celle-ci se jette sur lui, tant il est séduisant, même en fantôme (sacré Jérôme va!).
Mais la pièce dans son ensemble reste très séduisante, car les autres acteurs relèvent le niveau. Plus subtils, ils arrivent à mêler tragique et comique, rage et passion, ce qui permet de nous concentrer sur le contenu, très pertinent, de l’œuvre. Car enfin, on nous parle ici du vide que nous éprouvons tous face à notre condition mortelle. Certains choisissent de se détourner de cette angoisse par l’intermédiaire de l’art, de l’amour, ou encore de la politique. Mais ce ne sont que des moyens illusoires, et la pièce se termine sur la morale suivante : il faut une fois pour toute accepter la mort comme partie intégrante de notre existence, et non tenter de s’en détourner.
Pour finir, quelques mots sur la mise-en-scène, irréprochable, qui utilise intelligemment l’espace restreint de la salle, grâce à un habile système de panneaux glissants et un décor et une bande-son agencés.
Stoobidou
du 18 octobre au 26 novembre 2005 au théâtre de la Licorne: www.theatrelalicorne.com
bravo pour ta magnifique prestation hugo, cetait remarquable.
Allons donc Emmanuelle, reprenez vous!
À la machine à decerveler ....
13!
dieu n'a-t-il donc pas d'autres chats a fouhetter?