Les Portable dances de José Navas, présentées à l’Agora de la danse, sont formées trois chorégraphies très dépouillées, sans costumes et sans décors : deux duos, un solo interprété par Navas lui-même, puis un trio. Les mouvements, dans les trois parties, sont si saccadés qu’ils forment en fait une longue série de postures différentes rappelant sans équivoque des formes géométriques. J’ai eu l’impression de me retrouver dans un tableau cubiste, la gestuelle ayant été décomposée et réduite à sa plus simple expression. On m’avait averti que Navas était esthétisant et narcissique : le solo, malgré son austérité, m’en a donné toute la mesure. Navas est arrivé sur scène le torse huilé : une machine parfaite formée de muscles et de tendons prenant devant les spectateurs différentes positions. Bref, un corps à l’oeuvre.
Les interprètes féminines, dans les deux autres parties, semblaient beaucoup moins assurées et leurs mouvements étaient plus simples, plus discrets. On aurait dit des « Stepford wives » s’appliquant à effectuer des gestes précis, chacune dans son coin. Voilà qui formait un spectacle froid et triste. Portable dances m’a fait comprendre ce que j’aime vraiment de la danse : les mouvements libres et fluïdes, les changements de rythme et les interactions entre les danseurs.
Le site de l'Agora de la danse : http://www.agoradanse.com
Sophie Guillemette
Pas vu mais j'aimerais car j'ai déjà été profondément touché par une chorégraphie de José
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